Journées Missionnaires 

les 1er, 2 et 3 juin 2012


Ciel et terre sont en nous

« Vous êtes le sel de la terre.

Si le sel se dénature,

comment redeviendra-t-il du sel ?

Il n'est plus bon à rien :

on le jette dehors et les gens le piétinent.

Vous êtes la lumière du monde.

Une ville située sur une montagne ne peut être cachée.

Et l'on n'allume pas une lampe

pour la mettre sous le boisseau ;

on la met sur le lampadaire,

et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.

De même, que votre lumière brille devant les hommes :

alors en voyant ce que vous faites de bien,

ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. 

                                                                        Mt 5, 13-16

 

 

« Le Royaume de Dieu est en vous… » Jésus de Nazareth

 

« Le ciel et la terre sont en nous… » Gandhi




Ciel et terre sont en nous…


Le thème de cette année est donc vaste ! Ciel et terre, le visible et l’invisible, le divin et l’humain… tout est en nous. De par notre humanité, bien enracinée dans la matière mais tournée aussi vers les hauteurs spirituelles, et de par notre participation au Mystère du Christ, en qui Ciel et Terre sont unis.

D’abord, ciel et terre sont au dedans de nous, dans notre cœur, notre esprit, notre âme, en ce sanctuaire où reposent à la fois le Ciel et la Terre, dans ce lieu intime de notre personne où demeure Dieu lui-même, dans ce lieu de relation profonde qui nous rend capables d’être en communion les uns avec les autres, et avec le cosmos. Le Royaume de Dieu est une réalité intérieure, celle du désir qui nous ouvrira à l’altérité (celle de Dieu, des frères, du monde entier) ; et celle du lien d’amour-agapé qui nous unira ainsi à plus que nous même, dans la joie d’une rencontre, d’une co-naissance, d’une communion. Le Royaume de Dieu, c’est l’Incarnation qui, du Christ Jésus, se prolonge en nous par sa Grâce.

Mais cette réalité mystérieuse et intime du Royaume se concrétise en actes, et cette capacité personnelle de communion devient une responsabilité d’engagement : le ciel et la terre sont en nous, à nous de les porter ! Certes pas pour être écrasés par cette responsabilité, comme si Dieu cessait de créer et de sauver ce monde, comme si nous devions seuls et par nos propres forces porter l’univers ! Mais plutôt pour être grandis par cette responsabilité, configurés au Créateur dont nous sommes déjà l’image : nous portons en nous la marque du Ciel, et il nous appartient de l’imprimer sur la Terre, par notre travail, notre solidarité, notre créativité… comme nous portons le monde en nos mains, et qu’il nous appartient de la faire remonter au Ciel, dans le cœur de Dieu. Place donc au déploiement de l’agir humain (agir politique, social, artistique, économique…) sous la mouvance de la Grâce, mais avec cette juste autonomie que nous laisse notre Créateur : c’est bien entre nos mains que se joue l’avenir de la terre, et l’avenir de son lien au Ciel. Cet avenir sera Alliance du Ciel et de la Terre si nous en faisons déjà un présent : agir au présent, ici et maintenant ; et agir en faisant de toute chose un présent, une offrande, un acte d’amour, seule force capable de faire descendre le Ciel sur la terre, et d’ancrer la terre dans les Cieux.

En nous tournant cette année tout particulièrement vers l’Inde, ce véritable continent, c’est bien l’avenir de la planète que nous contemplons. Fort de ses traditions religieuses ancestrales riches et complexes, ce pays a une histoire peu banale. L’Evangile y est présent, modestement à l’échelle du pays mais très significativement à l’échelle du monde, depuis l’apôtre St Thomas, selon la Tradition. La vague missionnaire, illustrée par des grandes figures comme St François Xavier ou Robert de Nobili, jésuites célèbres, comme par la foule des anonymes héroïques qui ont œuvré pour diffuser la lumière du Christ, a continué de semer et d’affermir la chrétienté en ces terres. Et si Gandhi illustre la puissance spirituelle et morale du  peuple indien, d’où sortent aussi de grandes figures d’Eglise, des personnalités comme Mère Teresa ou le père Ceyrac montrent que cet élan missionnaire demeure vivant et fécond. C’est dans cette belle mouvance que nous porterons nos regards vers ce continent qui a autant à nous donner qu’à recevoir de nous.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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