L’environnement au coeur des préoccupations, Franklin se mobilise!
À l’occasion d’une sortie organisée à l’UNESCO, les éco-délégués du lycée Franklin ont participé à une journée exceptionnelle de réflexion et d’échanges consacrée aux océans, à la biodiversité et aux grands défis écologiques contemporains. Aux côtés de dizaines de lycéens venus de France et du monde entier — notamment de plusieurs pays africains connectés en visioconférence — les élèves ont assisté à la projection d’un documentaire avant de dialoguer avec des scientifiques, journalistes, réalisateurs et explorateurs engagés dans la préservation du monde marin.
Cette rencontre internationale a permis d’aborder de nombreuses questions essentielles : comment réduire la pollution ? Comment transformer nos comportements individuels et collectifs ? Quel rôle peuvent jouer les médias, les sciences, l’éducation ou encore les nouvelles technologies dans la protection de l’océan ?
Tout au long de l’année, les éco-délégués de Franklin se sont mobilisés autour de ces problématiques, accompagnés par Ana Berrocal, responsable de Franklin Vert, ainsi qu’Olivier Dewavrin, Délégué jésuite pour l’Europe francophone. Cette journée à l’UNESCO a constitué un prolongement concret de leur engagement écologique.
L’océan, un écosystème vital et encore méconnu
Parmi les intervenants, Francesca Santoro, responsable des questions maritimes à la Commission océanographique intergouvernementale de l’UNESCO, a rappelé l’importance fondamentale de l’océan dans l’équilibre du vivant. Les espèces marines parcourent des milliers de kilomètres et les organismes laissent derrière eux des traces biologiques que les chercheurs peuvent aujourd’hui étudier grâce aux avancées scientifiques.
Elle a également insisté sur l’immensité encore largement inexplorée des fonds marins : paradoxalement, davantage d’êtres humains sont allés dans l’espace que dans les profondeurs océaniques. Les difficultés technologiques et les coûts élevés expliquent en partie ce retard, même si les progrès scientifiques et le partage croissant des données par certains acteurs privés ouvrent aujourd’hui de nouvelles perspectives.
Francesca Santoro a surtout souligné l’importance de l’éducation et de la coopération internationale. Elle travaille avec des étudiants issus de plus de soixante-dix pays afin de former une génération capable de collaborer au-delà des frontières et d’imaginer des solutions concrètes pour l’avenir. Son message fut clair : chacun peut agir à son niveau. Journalistes, artistes, scientifiques, enseignants ou citoyens ont tous un rôle à jouer dans la protection des océans.
Émotions, transmission et responsabilité
Plusieurs intervenants ont montré que la sensibilisation écologique ne repose pas uniquement sur des données scientifiques, mais aussi sur la capacité à transmettre des émotions et à raconter des récits capables de susciter une prise de conscience.
Le journaliste et vulgarisateur scientifique Jamy Gourmaud a rappelé l’importance de la vérification des informations à l’heure des réseaux sociaux et de la désinformation massive. Comprendre un sujet suppose de poser des questions précises, de consulter des sources fiables, de rencontrer des scientifiques et de confronter les points de vue. Vulgariser, expliquait-il, consiste à rendre accessible une réalité complexe, jusqu’à provoquer ce moment de compréhension immédiate, ce « Eurêka » qui donne envie d’agir.
Les discussions ont également porté sur l’intelligence artificielle, dont l’usage nécessite discernement et responsabilité. Si l’IA peut devenir un outil précieux, elle soulève aussi des enjeux environnementaux majeurs en raison de sa forte consommation énergétique.
Les élèves ont aussi découvert combien les océans absorbent une part essentielle de la pollution mondiale et jouent un rôle central dans la régulation climatique. La pollution plastique, notamment, demeure l’un des défis les plus préoccupants : les déchets se fragmentent en particules microscopiques qui contaminent progressivement l’ensemble de la chaîne alimentaire marine.
Documenter le vivant pour mieux le protéger
La documentariste et docteure en éthologie cognitive Fabienne Delfour a partagé son travail sur les interactions animales et la biodiversité marine. À travers l’exemple des parasites présents sur les baleines à bosse, elle a montré combien les équilibres du vivant reposent sur des relations complexes entre les espèces. La santé des océans dépend ainsi d’interactions fragiles que les activités humaines peuvent profondément perturber.
Elle a également insisté sur les conséquences du transport maritime, particulièrement polluant et responsable d’une importante pollution sonore affectant les espèces marines. Pour elle, les documentaires scientifiques doivent aujourd’hui dépasser la simple transmission de connaissances et porter un récit sensible, capable d’éveiller une conscience écologique positive.
Le photographe sous-marin et explorateur Alexis Rosenfeld a, quant à lui, évoqué son travail de terrain et les risques liés à certaines expéditions. À travers des images spectaculaires réalisées notamment au large de l’Afrique du Sud, il a montré les interactions fascinantes entre sardines, dauphins, oiseaux marins et requins. Ces scènes révèlent l’organisation extraordinaire des écosystèmes marins et rappellent combien la biodiversité repose sur des équilibres subtils.
Les intervenants ont également souligné le rôle essentiel de la coopération dans les projets scientifiques et documentaires : chercheurs, photographes, techniciens, plongeurs et réalisateurs travaillent ensemble afin de produire une information fiable et rigoureusement validée.
Transformer nos comportements
Au fil des échanges, une conviction commune s’est dégagée : la protection des océans nécessite une transformation progressive de nos modes de vie. Réduction du plastique, développement d’alternatives durables, consommation plus responsable, limitation des déchets, usage accru des transports publics ou diminution de la surconsommation textile : autant de gestes concrets évoqués lors des débats.
Les élèves ont aussi découvert les ambitions européennes visant à réduire fortement la pollution plastique d’ici 2030. Mais plusieurs intervenants ont rappelé qu’une évolution des lois suppose avant tout une mobilisation collective et une prise de conscience citoyenne capable de faire de l’océan un enjeu politique central.
Une expérience marquante pour les éco-délégués de Franklin
Cette journée à l’UNESCO a constitué une expérience particulièrement enrichissante pour les éco-délégués du lycée Franklin. En confrontant leurs réflexions aux témoignages de spécialistes venus d’horizons variés, les élèves ont pu mesurer la complexité des enjeux écologiques actuels mais aussi les nombreuses possibilités d’engagement.
Au-delà des connaissances scientifiques acquises, cette rencontre leur a permis de comprendre que la protection de l’environnement repose aussi sur la transmission, le dialogue et la capacité à construire collectivement des solutions durables.
Face aux défis climatiques et à l’effacement progressif de la biodiversité, cette immersion au cœur des débats internationaux a rappelé à chacun que l’écologie n’est pas seulement une question scientifique : elle engage également notre regard sur le monde, notre responsabilité et notre manière d’habiter la planète.